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« Appropriations de Corneille »

 

Colloque international, Rouen, 15, 16 et 17 octobre 2014

 

Organisé conjointement par le CEREdI de l’Université de Rouen et le Mouvement Corneille- Centre International Pierre Corneille, avec le soutien de l’IRIHS.

 

Les 15 et 17 juin à la Maison de l’université de Rouen, place Emile Blondel, Mont Saint-Aignan.

Le 16 juin aux Archives départementales de la Seine-Maritime, site Grammont, bus ligne 10 arrêt Simone de Beauvoir.

 

Comité scientifique : Mmes Hélène Merlin-Kajman (Sorbonne nouvelle-Paris III, IUF), Bénédicte Louvat-Molozay (Montpellier III, IUF), Claire Carlin (Victoria, Canada), Myriam Dufour-Maître (Rouen), M. Mario Armellini (Rouen).

 

Programme

 

15 octobre

Maison de l’université

9h 30 Ouverture du colloque

 

S’approprier la figure et/ou les œuvres

Présidente : Marianne Bury

9h 45 Myriam DUFOUR-MAÎTRE (Rouen) : « S’approprier Corneille : quelques jalons ».

10h 10 Bénédicte LOUVAT-MOLOZAY (Montpellier III, IUF) : « "L’invention" du dilemme cornélien ».

Discussion et pause

 

L’autorité de Corneille

Présidente : Marianne Bury

11h Judith le BLANC (Rouen) : « Corneille parodié : avatars, éclats, échos et clins d’œil sur la scène des théâtres parisiens ».

11h 25 Françoise COURT-PEREZ (Rouen) : « L’amour du pastiche : présences de Corneille chez Théophile Gautier ».

11h 50 Jacques TEPHANY (Maison Jean Vilar) : « L’autre fondateur du TNP ».

Discussion

 

Corneille « classico-national »

Présidente : Marie-Emmanuelle Plagnol

14h Roxane MARTIN (Lorraine) : « Horace à l’épreuve des révolutions : les remaniements du texte et l’édification d’un Corneille patriote (1789-1848) ».

14h 25 Michal BAJER (Szczecin, Pologne) : « Corneille et les classicismes en Pologne à l’époque de la domination du paradigme romantique ».

14h 50 Marianne BURY (Paris-Sorbonne) : « Le Corneille des historiens de la littérature au XIXe siècle ».

Discussion et pause

16h Marie-Clémence  REGNIER (Paris-Sorbonne) : « Appropriations et construction de la figure du grand écrivain national en ses maisons : le cas de Pierre Corneille à Rouen et à Paris ».

16h 25 Lise FORMENT (Sorbonne Nouvelle-Paris III) : « Roland Barthes, Sans Corneille : les “résons” politiques d’un silence critique ».

Discussion

16 octobre

Archives départementales, site Grammont

De la tragédie à l’opéra

Présidente : Bénédicte Louvat-Molozay

9h 30 Mario ARMELLINI (Rouen) : « Corneille et l’opéra – L’opéra et Corneille ».

9h 55 Jean-François  LATTARICO (Lyon III) : « De l’Horace à l’Orazio. Observations sur le premier dramma cornélien per musica ».

10h 20 François LEVY (Lyon III LIRE) : « Contaminations cornéliennes dans le dramma per musica des années 1720 : le cas de Nicomede de Domenico Lalli (1728) ».

Discussion et pause

11h 10 Sarah NANCY (Paris III-Sorbonne Nouvelle) : « "Tombez, triste rosée…" Quand l’opéra s’approprie les larmes de Chimène ».

11h 35 Hélène  MERLIN-KAJMAN (Sorbonne Nouvelle-Paris III, IUF) : « S’approprier un texte : enjeux (à partir du cas "Corneille") ».

 

Discussion

 

La scène

Président Jacques Téphany

14h Sylvain LEDDA (Rouen) : « Polyeucte, ou comment mettre en scène la violence ».

14h 25 Liliane  PICCIOLA (Paris Ouest-Nanterre) : « De la "seconde Médée" à la "mamma souveraine […] suscitant l’horreur et le rire" : Rodogune au Petit Montparnasse en 1997.

14h 50 Claire CARLIN (Victoria, Canada) : « L’Illusion comique sur la scène du monde anglophone, entre traduction et "adaptation libre" ».

Discussion

16h Vernissage de l’exposition « Corneille et nous » aux Archives départementales

Lecture-spectacle par Ivan Morane et Silvia Lenzi

 

17 octobre

Maison de l’université

Corneille à l’école

Présidente : Claire Carlin

9h Jean-Yves  VIALLETON (Grenoble III) : « Corneille dans les manuels de rhétorique en français et en latin du XVIIe siècle à 1902 ».

9h 25 Marie-Emmanuelle  PLAGNOL (UPEC) : « Un Corneille à l’usage de la jeunesse au tournant des XVIIIe et XIXe siècles : quelques jalons ».

9h 50 Beate LANGENBRUCH (ENS Lyon) : « Corneille auteur de concours ? ».

10h 15 Hélène BILIS (Wellesley, USA) : « Corneille aux Etats-Unis, ou quel "auteur classique" pour les campus américains ? ».

Discussion et pause

 

Récrire Le Cid

Présidente : Liliane Picciola

11h 30 Florence DAVAILLE (Rouen) : « Corneille maghané ou rapaillé ? Récrire Le Cid dans les Amériques francophones ».

11h 55 Brigitte PROST (Rennes II) : « Le Cid, adaptations et hybridations ».

Discussion

 

L’écran

Président : Sylvain Ledda

14h 15 Noëmie CHARRIE (Montpellier III), « Le rêve d’une réappropriation : Othon sur les écrans (1969) ».

15h Cécilia LAURIN (Sorbonne Nouvelle-Paris III) : « L’Illusion comique, "entre Platon et Hollywood" ? Du théâtre du monde au cinéma du monde : autour du film Illusion de M. A. Goorjian ».

15h 45 Julia GROS de GASQUET (Sorbonne Nouvelle-Paris III) : « Filmer l’Illusion Comique, réécrire Corneille ? À propos du film de Mathieu Amalric à la Comédie-Française (2010) ». 

Fin du colloque

La notion d’appropriation est comprise ici comme un pas supplémentaire par rapport à la réception et à la critique. Elle désigne les gestes, fondamentalement, de la mise en scène, mais aussi de l’imitation, de l’innutrition, du pastiche, de la parodie, des travestissements, des interventions sur le texte (coupes, censures, extraits, réécritures), des adaptations, des traductions, des apparats et des démarches didactiques, etc. Elle désigne le geste critique qui fait entrer l’œuvre de Pierre Corneille dans un cadre d’analyse pouvant aller jusqu’à l’annexion ou l’instrumentalisation. Elle renvoie aussi à la présence de l’œuvre dans le discours, voire dans la langue, aux créations qui font vivre les personnages cornéliens hors de l’œuvre, qui inscrivent le nom et la figure de Corneille dans la ville, la publicité, l’imagerie collective, qui font circuler ces images comme des signes de reconnaissance, d’appartenance.

Construit en dialogue avec l’exposition « Corneille et nous » qui se tiendra aux Archives du 15 octobre au 23 décembre 2014, ce colloque est gratuit et ouvert à tous, sans inscription préalable, dans la limite des places disponibles.

 

Organisation : Myriam Dufour-Maître, maître de conférences en littérature française du XVIIe siècle et Mario Armellini, maître de conférences en musicologie à l’université de Rouen.

Pour tout renseignement : myriam.dufour-maitre@univ-rouen.fr    mario.armellini@univ-rouen.fr


Jan MIERNOWSKI, La beauté de la haine. Essais de misologie littéraire

Genève/ Paris, Droz, « Histoire des Idées et Critique Littéraire » 473 réf. 15-473

2014, 280 p., br. – 40.30 chf 36.97 € isbn 978-2-600-01763-3

Comment la haine peut-elle être belle ? C’est la question que pose ce livre, qui ne cherche pas à justifier moralement une telle passion, mais à comprendre la haine la plus extrême, la plus pure, celle qui n’a cure des raisons politiques, économiques et psychologiques, pour s’épanouir en ravages meurtriers. Afin de saisir cette haine autosuffisante et autotélique, Jan Miernowski propose de la regarder comme un principe esthétique qui affleure de façon intermittente, mais toujours, fort significative, entre la pré- et la postmodernité. La haine devient notamment le moteur de la création artistique dans la poésie antérotique de la Renaissance et dans les pamphlets les plus corrosifs des Guerres de religion ; elle s’impose face au tragique chez Corneille ou Racine ; elle joue le rôle de catalyseur de la conscience littéraire chez Rousseau, ou de moteur d’un sublime pervers chez Céline ; enfin, elle se présente comme objet d’art à part entière, heureusement pastiché et parodié par le roman qui nous est contemporain. En invoquant la haine qui a ravagé son pays, Wisława Szymborska avoue avec un sourire empreint d’ironie : « Inutile de se leurrer / elle sait aussi faire du beau… ». Prenons le poète au mot : oui, la haine sait, littéralement, faire du beau. Mais elle n’a, en cela, aucun mérite ; c’est plutôt la littérature qui détient des capacités inouïes à comprendre et à conjurer le monde.


Maison natale de
Pierre Corneille


Visites commentées :
Côté cour, côté jardin : la nature
dans l’oeuvre de Pierre Corneille.
(Un accompagnement sonore
sera proposé sur tablette)
Sam 20 : 10h, 11h, 14h, 15h,
16h, 17h
Dim 21 : 14h, 15h, 16h, 17h
(durée : 1h)
RDV : 4 rue de la Pie ROUEN
! Sur réservation : 02 76 08 80 88

 

Petit-Couronne

Maison des champs
Musée Pierre Corneille

Maison du XVIIe siècle
ayant appartenu à la famille
Corneille.
Visite libre et présentation
d’une vitrine sur les trésors du
musée.
Sam 20 et dim 21 : de 10h à
12h30 et de 14h à 18h
RDV : 502 rue Pierre
Corneill
e Petit-Couronne


Pierre Corneille
Théâtre
Tome I


Édition de Claire Carlin, Jean de Guardia, Liliane Picciola
et Marc Vuillermoz

Classiques Garnier, "Bibliothèque du théâtre français"
Sous la direction de Charles Mazouer


Ce volume réunit les cinq premières pièces de Corneille, quatre comédies
et une tragi-comédie, jouées entre 1629 et 1633. Retranscrites dans leur version originale, elles sont ici présentées et éclairées par leurs éditeurs dans le souci de révéler leur persistant dynamisme scénique et la vivacité de leur écriture.


This volume brings together the first five plays written by Corneille, four comedies
and one tragicomedy, performed between 1629 and 1633. Re-transcribed in their original versions, these plays are presented and illuminated by the editors in an effort to demonstrate both their persistent scenic dynamism, and the spark of their writing.

No 20, 974 p., 15 x 22 cm
Broché, ISBN 978-2-8124-2975-0, 49 €
Relié, ISBN 978-2-8124-2976-7, 82 €

 

Commande :
Classiques Garnier
6, rue de la Sorbonne
75005 Paris – France
contact@
classiques-garnier.com
Fax : + 33 1 46 33 28 90

 


La Querelle du Cid ou la naissance de la politique culturelle française au XVIIe siècle

Journée d’études à l’université de Paderborn,

25.-27. Mars 2015

 

La Querelle du Cid marque un tournant décisif dans l’histoire de la littérature française. Incitant la critique à prendre position par rapport au Cid de Corneille, elle contribue tout d’abord à la formulation des aspects centraux de la doctrine classique, et jouit ainsi d’une influence notable sur l’esthétique et les genres littéraires de cette époque. Si l’on se focalise sur la politique menée par le régime absolutiste à l’égard de la littérature, son importance est également considérable, puisque l’intervention de Richelieu et de l’Académie française dans la Querelle consacrent une mainmise systématique (quoique non exempte de tensions) de la politique sur la littérature. L’ « édition critique intégrale » des documents de la Querelle de Jean Civardi (publiée en 2004) offre une vue synoptique des discussions des contemporains de Corneille ainsi qu’un précis de la recherche actuelle sur le Cid. Ces deux axes se concentrent sur les paradigmes de la doctrine classique qui se forment dans le sillage de la Querelle du Cid : les trois unités, la vraisemblance et la bienséance.

            Néanmoins, l’étude de Civardi soulève des interrogations que la recherche n’a jusqu’aujourd’hui pas ou tout au plus que marginalement examinées, bien qu’elles soient constitutives aussi bien du Cid que de la Querelle. Citons par exemple la ‘place des femmes’, l’hétérogénéité des textes qui forment le corpus en question ou les implications sociales du Cid et de la Querelle du Cid. Partant des axes de recherche relevés dans l’édition de Civardi, la journée d’études organisée à l’université de Paderborn sera consacrée à la politique culturelle qui émane des questions discutées autour du Cid.

La réflexion se fonde sur l’idée que la politique culturelle qui se fait jour lors de la Querelle du Cid s’articule autour de questions d’un intérêt primordial pour les contemporains de Corneille, alors reprises, voire peut-être même déclenchées, et discutées par l’intermédiaire du Cid. Il résulte de cette constellation, telle est la thèse qui guide notre réflexion, une configuration intégrant à la fois les domaines de la politique de la famille, de la relation entre les sexes et de la politique littéraire, qui, à son tour, sert de base à des débats ultérieurs et prolonge de la sorte la politique culturelle amorcée par la Querelle du Cid. Dans cette optique, il est possible de replacer la césure marquée par la Querelle du Cid dans son contexte culturel et historique et peut-être même de voir dans les discussions d’ordre littéraire et culturel développées dans la Querelle le moment initiateur d’un ‘siècle des querelles’.

La politique de la famille, des sexes et de la littérature qui apparaît avec le Cid et la Querelle peut être esquissée de la manière suivante :

Le Cid de Corneille s’organise autour d’un conflit qui oppose une génération d’enfants à celle de ses pères, et qui remet en question leur qualité de modèle, voire même leur autorité (avec Don Gomès, Don Diègue et Don Fernand d’un côté et Rodrigue, Chimène et l’Infante de l’autre). Une analyse de cette confrontation et de ses répercussions dans la Querelle nous offre une idée de ce que les contemporains de Corneille entendaient par le concept de ‘famille’. Il s’agira alors d’examiner dans quelle mesure la crise d’autorité représentée par ce conflit de générations est à mettre en relation avec le changement profond que subit la famille française aux environs de 1630, et qui se définit non seulement par une restructuration de la maison, de l’ « oikos », mais aussi par l’émergence d’un nouveau modèle de famille.

L’analyse de ces paramètres familiaux engage à son tour une réflexion sur le genre de relation entre les sexes qui transparaît dans la Querelle du Cid. C’est tout particulièrement à la fin de la tragédie de Corneille que cette problématique se dessine, lorsque Chimène demande grâce au Roi afin qu’il repousse l’échéance de son mariage avec Rodrigue. Devant assumer à la fois le rôle de fille, de dame de la Cour, de femme et d’(ancienne) amante de Rodrigue, elle montre qu’elle ne peut que repousser et non pas résoudre cette situation dans laquelle elle est enchevêtrée. La violence des réactions des critiques face au comportement de Chimène et d’autres protagonistes, qu’ils n’hésitèrent pas à qualifier d’amoral et de contre-nature, indiquent que la relation entre les sexes, mais aussi la morale et l’identité sexuelle sont partie intégrante d’un processus de transformation de la société. Cette évolution a pour conséquence la recherche de nouvelles formes d’identité sexuelle, discutées dans la Querelle du Cid à l’exemple concret de la ‘femme’ (Chimène), du héros (Rodrigue) et du souverain (Don Fernand).

En focalisant la relation entre littérature et politique, on remarque que la Querelle du Cid réunit les domaines du public, du théâtre et de la poétologie. Cette constellation conduit à des questions concrètes touchant à la moralité qui, déjà débattues dans le Cid (à l’exemple du mariage ou de l’honneur), sont reprises et deviennent des points de discorde centraux de la Querelle. Dans cette perspective politico-littéraire, il faudra se demander si la Querelle du Cid est à mettre en rapport avec d’autres querelles, telle que la Querelle de la moralité du théâtre, ou, si l’on se penche sur des questions de transfert culturel, avec les discussions engagées dans la Querelle des Suppositi qui analysent l’importance des modèles italien et espagnol et jouent un rôle décisif dans la constitution d’un modèle culturel français.

Partant de là, les différents textes qui trouvent leur origine au sein de la Querelle se laissent systématiser avec plus de précision : outre les écrits rédigés à des fins poétiques et poétologiques, c’est-à-dire ceux axés sur les problèmes posés par la vraisemblance et la bienséance, ou, en d’autres termes, ceux qui s’intéressent à la relation entre moralité et genre, on trouve également des textes à caractère poiétologique. Ces derniers sont le résultat d’une pratique artistique guidée par la théorie, ainsi les drames de certains acteurs de la Querelle qui ne sont qu’une réaction productive aux critiques développées lors des débats. C’est par exemple le cas de Georges de Scudéry qui, en ajoutant à la critique explicite qu’il expose dans ses Observations sa tragédie Didon, un contre-modèle au Cid de Corneille, participe à la Querelle à un niveau à la fois poétologique et poiétologique. Il s’agira alors d’examiner dans quelle mesure la structure argumentative de la Querelle du Cid pourra avoir servi de base à des querelles postérieures, pour autant que celles-ci s’organisent autour des champs d’analyse introduits ci-dessus (pensons par exemple à la Querelle de l’Ecole des Femmes).

 

Modalités de soumission

Les propositions de communication, comportant un titre et un résumé d'une demi-page environ, devront être adressées au plus tard le 15 septembre 2014 à Jörn Steigerwald. Elles s’inscriront dans une réflexion sur l’influence exercée par la politique de la famille, des sexes et de la littérature du siècle classique sur la Querelle du Cid, et vice versa, et / ou se concentreront, dans une approche plus globale, sur des paradigmes permettant de rendre compte de la politique culturelle autour de laquelle la Querelle du Cid s’organise.

 

RESPONSABLE : Jörn Steigerwald, Hendrik Schlieper, Fabienne Detoc, Universität Paderborn, Vergleichende Literatur- und Kulturwissenschaft, Warburger Straße 100, 33098 Paderborn, Allemagne

 

Contact: joern.steigerwald@upb.de


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