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L'Illusion comique, sujet de l'émission Le gai savoir, animée par Raphaël Enthoven, le 31 mai 2015 sur France Culture

Pour suivre l'émission:

http://plus.franceculture.fr/partenaires/selection-france-culture/le-gai-savoir-corneille-l-illusion-comique

 

 


Thomas Corneille
Œuvres - Tomes 1 à 9
Réimpression de l'édition de Paris, 1758
Genève, Slatkine, avril 2015, 764 p.

Journée d’études

La Querelle du Cid ou la naissance de la politique culturelle française au XVIIe siècle

Universität Paderborn, 26 – 27 mars 2015

Organisation: Prof. Dr. Jörn Steigerwald – Dr. Hendrik Schlieper – Fabienne Detoc

 

site: http://kw.uni-paderborn.de/institute-einrichtungen/institut-fuer-germanistik-und-vergleichende-literaturwissenschaft/komparatistik/aktuelles/

 

La Querelle du Cid marque un tournant décisif dans l’histoire de la littérature française. Incitant la critique à prendre position par rapport au Cid de Corneille, elle contribue tout d’abord à la formulation des aspects centraux de la doctrine classique, et jouit ainsi d’une influence notable sur l’esthétique et les genres littéraires de cette époque. Si l’on se focalise sur la politique menée par le régime absolutiste à l’égard de la littérature, son importance est également considérable, puisque l’intervention de Richelieu et de l’Académie française dans la Querelle consacrent une mainmise systématique (quoique non exempte de tensions) de la politique sur la littérature. L’ « édition critique intégrale » des documents de la Querelle de Jean Civardi (publiée en 2004) offre une vue synoptique des discussions des contemporains de Corneille ainsi qu’un précis de la recherche actuelle sur le Cid. Ces deux axes se concentrent sur les paradigmes de la doctrine classique qui se forment dans le sillage de la Querelle du Cid : les trois unités, la vraisemblance et la bienséance.

Néanmoins, l’étude de Civardi soulève des interrogations que la recherche n’a jusqu’aujourd’hui pas ou tout au plus que marginalement examinées, bien qu’elles soient constitutives aussi bien du Cid que de la Querelle. Citons par exemple la ‘place des femmes’, l’hétérogénéité des textes qui forment le corpus en question ou les implications sociales du Cid et de la Querelle du Cid. Partant des axes de recherche relevés dans l’édition de Civardi, la journée d’études organisée à l’université de Paderborn sera consacrée à la politique culturelle qui émane des questions discutées autour du Cid.

La réflexion se fonde sur l’idée que la politique culturelle qui se fait jour lors de la Querelle du Cid s’articule autour de questions d’un intérêt primordial pour les contemporains de Corneille, alors reprises, voire peut-être même déclenchées, et discutées par l’intermédiaire du Cid. Il résulte de cette constellation, telle est la thèse qui guide notre réflexion, une configuration intégrant à la fois les domaines de la politique de la famille, de la relation entre les sexes et de la politique littéraire, qui, à son tour, sert de base à des débats ultérieurs et prolonge de la sorte la politique culturelle amorcée par la Querelle du Cid. Dans cette optique, il est possible de replacer la césure marquée par la Querelle du Cid dans son contexte culturel et historique et peut-être même de voir dans les discussions d’ordre littéraire et culturel développées dans la Querelle le moment initiateur d’un ‘siècle des querelles’.

La politique de la famille, des sexes et de la littérature qui apparaît avec le Cid et la Querelle peut être esquissée de la manière suivante : 
Le Cid de Corneille s’organise autour d’un conflit qui oppose une génération d’enfants à celle de ses pères, et qui remet en question leur qualité de modèle, voire même leur autorité (avec Don Gomès, Don Diègue et Don Fernand d’un côté et Rodrigue, Chimène et l’Infante de l’autre). Une analyse de cette confrontation et de ses répercussions dans la Querelle nous offre une idée de ce que les contemporains de Corneille entendaient par le concept de ‘famille’. Il s’agira alors d’examiner dans quelle mesure la crise d’autorité représentée par ce conflit de générations est à mettre en relation avec le changement profond que subit la famille française aux environs de 1630, et qui se définit non seulement par une restructuration de la maison, de l’ « oikos », mais aussi par l’émergence d’un nouveau modèle de famille.

L’analyse de ces paramètres familiaux engage à son tour une réflexion sur le genre de relation entre les sexes qui transparaît dans la Querelle du Cid. C’est tout particulièrement à la fin de la tragédie de Corneille que cette problématique se dessine, lorsque Chimène demande grâce au Roi afin qu’il repousse l’échéance de son mariage avec Rodrigue. Devant assumer à la fois le rôle de fille, de dame de la Cour, de femme et d’(ancienne) amante de Rodrigue, elle montre qu’elle ne peut que repousser et non pas résoudre cette situation dans laquelle elle est enchevêtrée. La violence des réactions des critiques face au comportement de Chimène et d’autres protagonistes, qu’ils n’hésitèrent pas à qualifier d’amoral et de contre-nature, indiquent que la relation entre les sexes, mais aussi la morale et l’identité sexuelle sont partie intégrante d’un processus de transformation de la société. Cette évolution a pour conséquence la recherche de nouvelles formes d’identité sexuelle, discutées dans la Querelle du Cid à l’exemple concret de la ‘femme’ (Chimène), du héros (Rodrigue) et du souverain (Don Fernand).

En focalisant la relation entre littérature et politique, on remarque que la Querelle du Cid réunit les domaines du public, du théâtre et de la poétologie. Cette constellation conduit à des questions concrètes touchant à la moralité qui, déjà débattues dans le Cid (à l’exemple du mariage ou de l’honneur), sont reprises et deviennent des points de discorde centraux de la Querelle. Dans cette perspective politico-littéraire, il faudra se demander si la Querelle du Cid est à mettre en rapport avec d’autres querelles, telle que la Querelle de la moralité du théâtre, ou, si l’on se penche sur des questions de transfert culturel, avec les discussions engagées dans la Querelle des Suppositi qui analysent l’importance des modèles italien et espagnol et jouent un rôle décisif dans la constitution d’un modèle culturel français.

Partant de là, les différents textes qui trouvent leur origine au sein de la Querelle se laissent systématiser avec plus de précision : outre les écrits rédigés à des fins poétiques et poétologiques, c’est-à-dire ceux axés sur les problèmes posés par la vraisemblance et la bienséance, ou, en d’autres termes, ceux qui s’intéressent à la relation entre moralité et genre, on trouve également des textes à caractère poiétologique. Ces derniers sont le résultat d’une pratique artistique guidée par la théorie, ainsi les drames de certains acteurs de la Querelle qui ne sont qu’une réaction productive aux critiques développées lors des débats. C’est par exemple le cas de Georges de Scudéry qui, en ajoutant à la critique explicite qu’il expose dans ses Observations sa tragédie Didon, un contre-modèle au Cid de Corneille, participe à la Querelle à un niveau à la fois poétologique et poiétologique. Il s’agira alors d’examiner dans quelle mesure la structure argumentative de la Querelle du Cid pourra avoir servi de base à des querelles postérieures, pour autant que celles-ci s’organisent autour des champs d’analyse introduits ci-dessus (pensons par exemple à la Querelle de l’Ecole des Femmes).

 

 

Programme

Jeudi, 26 mars 2015

 

9.00     Accueil des participants

            Jörn Steigerwald (Paderborn):

            En guise d’introduction: la Querelle du Cid ou la naissance de la politique culturelle française au XVIIe siècle

 

Panel 1: CONTEXTES & CRITIQUES

Présidence: Kirsten Dickhaut (Graz)

 

9.30     Liliane Picciola (Paris):

            Dissimulation et exacerbation des fractures familiales dans Le Cid: les silences de la    Querelle

 

10.30   Pause café

 

11.00   Jörn Steigerwald (Paderborn):

            Les deux critiques de Scudéry: les Observations sur Le Cid et Didon

 

12.00   Pause de midi

 

Panel 2: CRITIQUES DU SEXE

Présidence: Stephanie Bung (Berlin/ Essen)

 

13.00   Hendrik Schlieper (Paderborn):

            „Rodrigue estoit un homme...“: à propos de la naissance de l’héroїsme moderne

 

14.00   Andrea Grewe (Osnabrück):

            Nouvelles pièces dédiées aux femmes fortes. Le public féminin et son rôle pour le théâtre cornélien des années 30 du XVIIe siècle

 

15.00   Pause café

 

15.30   Sarah Nancy (Paris):

            De Chimène aux comédiennes. Ce que le théâtre dit du féminin, et inversement

 

16.30   Fabienne Detoc (Paderborn):

            Chimène impudique? Le statut éthique et esthétique de la pudeur féminine

 

17.30   Fin

 

19.30   Dîner

 

 

 

Vendredi, 27 mars 2015

 

Panel 3: SOCIOPOÉTIQUES

Présidence: Hendrik Schlieper (Paderborn)

 

10.00   Jean-Yves Vialleton (Grenoble):

            La métaphore de l’artisanat dans les textes de la Querelle du Cid et ses enjeux

 

11.00   Pause café

 

11.30   Stephanie Bung (Berlin/ Essen):

            Du Cid à la guerre des sonnets. L’impact social des querelles littéraires

 

12.30   Discussion de clôture

 

13.00   Départ


Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle.

 

Le but de ce dictionnaire est d’introduire le lecteur à la vie philosophique en France entre 1601 et 1700. Par-delà les principaux courants de la philosophie française du XVIIe siècle, le Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle jette un éclairage nouveau sur un très grand nombre de familles de pensée à travers la diversité de leurs représentants. Le cartésianisme, l’humanisme, la scolastique tardive, les moralistes, la littérature clandestine et la théologie, au sens large et dans ses diverses acceptions confessionnelles, sont bien représentés, mais il est également fait place à la pensée politique et aux « sciences secrètes » (alchimie, cabale et astrologie), qui jouèrent un rôle essentiel dans les débats philosophiques de l’époque.

 

L’originalité de la méthode mise en œuvre dans l’ouvrage est d’insister sur le fait que les œuvres et les vies les plus minimes en apparence peuvent révéler des relations insoupçonnées entre courants de pensée, approches épistémiques et obédiences religieuses et politiques.

 

Alors que les dictionnaires existants prennent pour objet principal les auteurs majeurs et les textes canoniques, le Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle accueille près de sept cents auteurs : Descartes, Malebranche et Pascal font l’objet de longues notices, mais on trouvera également des entrées pour Jean-Baptiste de La Grange, qui écrivit une critique des « nouveaux philosophes » de son temps, pour Louis Machon, auteur d’une apologie de Machiavel, et Samuel Sorbière, qui fut le traducteur et l’ami de Thomas Hobbes. Le Dictionnaire remplit ainsi une lacune importante dans le champ de l’histoire de la philosophie française. 

 

Sont également inclus des auteurs familiers aux historiens d’autres disciplines. Le Dictionnaire fait sa place à la pensée économique, à travers des auteurs comme Pierre de Boisguilbert et Montchrestien, à la théologie, à travers Paul Pellisson et Bossuet, à des écrivains comme Molière et Corneille, La Fontaine et Cyrano de Bergerac, et à des alchimistes comme David Lagneau et Henri de Linthaut. Ces auteurs sont abordés du point de vue de leur intérêt pour la philosophie comprise, de façon large, comme elle l’était au XVIIe siècle.

 

La version anglaise, parue à Londres et New York en décembre 2008, s’inscrivait dans un projet intellectuel de grande ampleur, initié par les éditions Thoemmes, visant à appliquer à l’Europe entière et aux États-Unis, du XVIIe au XXe siècle, une nouvelle méthode d’étude de la pensée philosophique, à travers des entrées consacrées aux minores.       

C’est cette même approche que l’on retrouve dans la version française, mais avec un élargissement important du périmètre, puisque la nouvelle version comporte 108 entrées supplémentaires, ainsi que huit introductions thématiques qui visent à proposer autant de parcours possibles dans l’ouvrage. L’originalité de la version française réside, en outre, dans l’index qui le clôt : alors que la version anglaise disposait d’un index assez court, la version française propose un index historique et raisonné d’environ 300 pages, qui vise non seulement à permettre un accès aux contenus, mais aussi à donner, au moyen de notules, des informations sur toutes les personnes nommées dans le texte des notices principales.

 

Ce travail considérable constitue une avancée incontestable dans le champ des études sur le XVIIe siècle, car il fournit aux lecteurs une information synthétique, vérifiée par les meilleurs spécialistes, dans un seul ouvrage. C’est cette extension qui justifie le sous-titre de la version française du Dictionnaire, « acteurs et réseaux du savoir en France entre 1601 et 1700 », pour indiquer clairement que l’ouvrage est destiné à tous les spécialistes du XVIIe siècle, aussi bien les littéraires que les historiens des sciences, les juristes que les politistes, car il concerne les différents champs du savoir qui ont pu entretenir des liens avec la philosophie.http://www.classiques-garnier.com/


Les oeuvres de Corneille, Cinna et Polyeucte, qui étaient cette année au programme de l'agrégation de Lettres, ont fait l'objet de la composition française, lundi 16 mars 201(, avec le sujet suivant :

"Corneille est ainsi le poète de la vision éblouie-vision dont la pleine capacité est heureusement comblée de lumière. Loin d'être trompeur, cet éblouissement consacre l'essence de la valeur vraie des êtres admirables. L'oeil ébloui est le témoin d'une grandeur insurpassée, à l'extrême limite de la clarté soutenable. Au delà , l'éblouissement deviendrait un trouble, mais Corneille ne va pas au delà".

Jean Starobinski, L'Oeil vivant, Paris, Gallimard, 1961, p. 71-72.


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